Résumé :
Anouck surnommée Zouck et Maïwenn sa meilleure amie ont la danse pour passion commune. Mais alors que Zouck est capable de se mortifier pour cette passion en developpant des tendances anorexiques, Maïwenn, elle privilégie sa vie de jeune fille. Zouck s’enferme donc dans son monde...
Viviane Chabronnerie, professeur-documentaliste
Commentaire :
Les premières pages intitulées « Souvenirs » laissent présager le récit d’une souffrance. Pourtant, le début du roman présente une jeune fille, Zouck , qui mène une vie heureuse sans problèmes ni familiaux (des querelles avec sa petite sœur, mais ce n’est pas bien profond), ni scolaires ; elle a une amie Maiwenn et une passion : la danse. Sa pratique artistique lui permet de nourrir une aspiration qu’elle ressent souvent et exprime parfois par des mots « Légèreté. / Ethérée. / Envol. » (p. 43).
Tout va bien pour elle donc jusqu’à la page 54, où elle entend le jugement cinglant que porte sur elle un maître en danse (l’ancien professeur de son professeur de danse) : « ... elle a beau sourire, mais elle n’a que ça ! (..) Elle est courte sur pattes, avec cinq bons kilos en trop qu’elle porte sur les fesses ».
Zouck était bien consciente de l’importance de l’apparence dans le milieu de la danse, mais aussi dans les relations avec les autres ; d’ailleurs, elle enviait la finesse et le charme de Maiwenn. Mais ces propos, entendus par mégarde, sont tombés comme un couperet. Elle devient obsédée par le désir de perdre des kilos, puis par le désir de réaliser dans son corps la « légèreté », l’ « envol » qu’elle ne trouve plus en dansant. Tout va très vite. Son professeur de danse, Bérénice, attentive et bienveillante, voit ce qui se passe et prononce le mot d’anorexie dont l’issue est terrible, l’ « envol » suprême : la mort. En parallèle, Maiwenn, si belle, si spontanée, si équilibrée, s’est écartée de Zouck : elle est elle-même aspirée par une passion amoureuse : elle a fait une rencontre en « chatant » ; la relation s’est concrétisée, puis s’est révélée cruellement décevante : l’homme s’était joué de la naïveté de la jeune fille.
Les deux amies ont vécu leur drame chacune de son côté. Le lien retrouvé sera pour Zouck le déclencheur qui va lui permettre de vivre à nouveau.
Danielle Veray, professeur de lettres
Pistes d’exploitation :
Roman psychologique qu’on peut conseiller à des adolescents ( classe de 4e et plus)
Thème de la difficulté de communiquer avec une jeune fille anorexique : rien ne semble aider Zouck. Elle ne sait pas ce dont elle a besoin ; l’amitié est le lien qui la fera échapper au sentiment de solitude qu’elle ressent malgré la bienveillance de son entourage (parents, prof de danse)
Thème de la passion pour la danse : Zouck ressent une impression d’envol, de légèreté, d’harmonie quand elle se laisse emporter par la musique et le mouvement.
Thème des relations entre les parents et les jeunes gens : les parents ont ici une rigueur qu’ils ont la sagesse d’assouplir au moment de la crise. On voit que malgré la finesse des parents (bienveillance, adaptation) ils ne peuvent aider la jeune fille en difficulté profonde ; la solution est ailleurs.
Thème des relations entre les deux sœœurs : agacement réciproque et querelles répétitives. Mais Zouck se sent proche de sa sœur Laura le jour où celle-ci craque et exprime son sentiment d’être seule, rejetée, pas aimée. Zouck la prend dans ses bras, geste par lequel elle réconforte Laura ; Zouck comprend le désarroi de sa sœur.
Thème de l’apparence : l’aspect physique est très important dans le domaine de la danse, mais aussi dans le quotidien d’une jeune fille. Zouck voit bien que même le sévère prof d’anglais pardonne à Maiwenn un retard qu’il aurait peut-être pénalisé pour un/une élève qui aurait eu moins de charme (p. 82).
Au niveau de la danse, on peut penser que s’arrêter à une silhouette est un peu trop restrictif : un corps rond peut exprimer autant qu’un corps filiforme. Et personnellement l’expressivité me semble l’emporter sur la finesse corporelle.
Danielle Veray, professeur de lettres
L’avis des élèves
Pierre BOTTERO est un instituteur passionné par son métier. Il s’est mis récemment à l’écriture. Dans le roman ZOUCK, il raconte la vie quotidienne d’une jeune lycéenne passionnée de danse. Sa passion pour la danse classique est très forte. La musique la transporte dans un autre univers. La moindre mélodie, note de musique la font danser pendant des heures entières.
D’où son surnom : Zouck. Sa meilleure amie Maïwen est parfaite à ses yeux. Elle incarne la perfection aux yeux de Zouck. Mais la meilleure amie va se révéler être sa pire rivale. Malheureusement, Maïwen va s’éloigner de Zouck et cette dernière va sombrer dans la maladie propre aux adolescentes : l’anorexie.
L’histoire écrite par Pierre Bottero est sans grande originalité. Elle me fait penser à une série télévisée diffusée il y a une dizaine d’années : Hartley cœurs à vif. La série racontait la vie quotidienne d’un groupe d’adolescents. C’est la même chose pour Zouck. Adolescente soucieuse de ressembler à sa meilleure amie.
C’est une histoire commune, Zouck a tous les problèmes qu’ont les jeunes adolescentes : des soucis avec ses parents qui sont trop pris par leurs travail mais aussi trop stricts et autoritaires lorsqu’ils sont présents. Ce qui différencie cette lycéenne des autres, c’est la passion qui l’anime lorsqu’elle entend de la musique.
Il y a un manque de vraisemblance, il utilise des termes que les adolescents dans la vie n’utilisent pas car ils ne font pas partie de leur vocabulaire. Par exemple, Zouck a perdu beaucoup de poids en très peu de temps. Aux yeux des autres j’étais devenue une « paria » !
Les caractères des personnages sont très simplistes, stéréotypés. Pierre Bottero fait parler des personnages qui agissent machinalement. La lycéenne veut obtenir de ses parents un téléphone portable. Ces derniers ne veulent pas car jugent qu ‘elle doit le mériter et être plus âgée pour l’obtenir. « Devenir si génialement adorable que mes parents ne pourraient plus me refuser le portable que je les suppliais de m’offrir depuis des siècles ».
Je conseille le roman de Pierre Bottero aux jeunes adolescents de 12-14 ans car au-delà, je pense qu’il n’est pas captivant de le lire.
élève de 1re Bac pro « service » au Lycée professionnel Lomet d’Agen
