Résumé
L’histoire de Salvador, un enfant sud-américain qui grandit sous le soleil protecteur de sa mère à l’ombre de la montagne qui lui a volé son père. L’espoir et le rêve, ses seuls héritages, lui permettront de connaître un destin exceptionnel et de devenir écrivain.
Une montagne, là-bas et si proche, en Amérique du Sud. Une famille paysanne de huit enfants, dont la mère, Bénédicta, blanchisseuse, est porteuse d’espérance, d’amour, de bonheur et sagesse tendre qui donnent « la foi qui transporte les montagnes » pour traverser les épreuves : la mort du père, la pauvreté... Salvador, le sixième, se pose des questions sur la richesse, la pauvreté, le bonheur, le malheur... La force des mots...
Souvenir 12 (Salvador lit)
Salvador : Tu as déjà vu le mer maman ?
Bénédicta : Je ne suis jamais descendue de la montagne, Salvadorcito...
Salvador : Tu ne trouves pas étrange, maman, qu’un si petit mot contienne une chose si énorme qui, dans tous les coins de la terre, fait la pluie et le beau temps ? L’auteur dit qu’il ne trouve pas les mots pour décrire la couleur, la beauté et l’immensité de la mer.
Bénédicta : Tu sauras trouver les mots, Salvadorcito.
Salvador adulte : je feuilletais le livre... rêvant aux mots qui disent les grandes choses : mer, terre, peine, joie, mort, vie, jour, nuit, tous ces mots étaient les plus petits.
Commentaires
Sans misérabilisme, une réalité du quotidien, et des rêves d’enfant qui traversent le malheur.
Belle écriture théâtrale en deux temps : le présent avec Salvador adulte qui raconte, parle, et le passé avec Salvador enfant qui vit, parle.
Anne- Marie Frias
Théâtre du Terrain Vague
Nombre de personnages : 12 - A partir de 8 ans
Autre point de vue
Au coeur de l’Amérique du Sud, Salvador, un enfant de la montagne devenu écrivain se rappelle : la vie dans les quartiers pauvres, au service des possédants, sa mère, lumineuse malgrè la dureté de la vie, ce noyau de famille, uni comme les doigts d’une main, qui se bat avec dignité contre l’injustice.
Et puis la mort d’un père, d’un frère ainé, partis combattre les idées sur lesquelles ils ont bâti leur vie. Et puis ce rêve fou, de donner naissance, dans tant de rudesse, mais tant d’amour aussi, à un écrivain. Tout simplement. Une histoire superbe. Un hommage à des valeurs humaines, profondes, vraies, détrônant l’attrait et le pouvoir de l’argent. C’est un hymne à l’affection et à la tendresse.
A la famille aussi, dans ce qu’elle a de rassurant, au havre de paix et d’amour qu’elle peut représenter. Un hymne à l’engagement, un hymne ensoleillé pour un monde plus juste, plus fraternel.
En se remémorant son passé, Salvador renoue avec des valeurs qui touchent à l’essentiel et qui rejoignent l’universel.
Un style très vivant et simple qui navigue avec bonheur entre le mode narratif et l’action. Des personnages profonds, émouvants, convaincus, debout.
Non, vraiment une très belle histoire pleine d’humanité.
Manou
Théâtre du Terrain Vague
Autre point de vue
La vie quotidienne d’un jeune garçon dans un pays pauvre d’ Amérique centrale : les difficultés, les joies et la débrouille pour toute la famille qui connaîtra aussi le deuil, mais qui rebondira à chaque drame. Finalement une leçon d’espoir, car tout est possible. Une peinture très poignante et toute en nuances des personnages avec leur complexité, un monde où l’on n’est pas forcément tout blanc ou tout noir, souvent à la limite entre le drame et la joie de vivre, où se dégage un certain optimisme malgrè une ambiance générale assez dure, en tout cas, un dépaysement pour le spectateur.
Michel Maurice
CDDP
Autre point de vue
Salvador est un enfant du Sud, le Sud de la misère, des enfants aux pieds nus et à l’estomac vide.
L’histoire de Salvador, c’est d’abord une lutte pour la vie. Il naît si petit, si poilu, en plein coeur de l’hiver des montagnes de l’Amérique du Sud, que sa mère doit se battre avec la mort pour le garder.
Sixième enfant d’une famille de huit, jeté très tôt dans un monde sans pitié, Salvador cherche des réponses aux secrets qui l’entourent : pourquoi, comment naît-on riche ? Pourquoi son père n’est-il pas revenu, après cette réunion dans la montagne sur l’avenir des terres ?
Avide de connaissance, il cherche des réponses dans les mots que disent les « grandes personnes » et décide de devenir écrivain.
Les disparitions successives de son père, son frère, vont le propulser très tôt « homme de la famille ». La tendresse de la mère, la foi que vont avoir en lui ses soeurs vont lui permettre de réaliser son rêve. « Mon père a disparu comme un fantôme dans une nuit noire sans lune et sans étoiles. Aujourd’hui encore, j’ai le regret de ne pas avoir mis mes bras autour de son cou pour lui souhaiter une belle soirée. La vie d’un homme a si peu d’importance dans la montagne. Quand j’entends battre les volets dans une nuit pareille, froide et pluvieuse, je sais que c’est lui qui essaie de me dire quelque chose... »
Monique Pimouguet
Autre point de vue
Salvador naît dans les montagnes d’Amérique du Sud et tout porte à croire que son arrivée sur terre se fait sans facilité : c’est un bébé laid et étrange, même le curé refuse de sonner les cloches annonçant les naissances à la vue d’un tel enfant. Pourtant cette venue au monde contrariée annonce un destin exceptionnel : l’enfant se posera très vite les bonnes questions. Entouré par ses parents de modestes conditions, son frère, ses soeurs et plus tard son enseignant, il va apprendre ce que sont les vraies richesses dans la vie, celles du coeur.
Après la disparition de son père assassiné par l’armée lors d’une réunion de paysans, José, le frère de Salvador prend en charge les ressources de la famille alors que Bénédicta, leur mère continue de s’échiner au travail pour la riche femme du village Bianca Albacarra.
Alors qu’il devrait lui aussi connaître le destin de cireur de chaussures comme son grand frère, Salvador se tourne vers l’écriture et devient écrivain public à l’insu de sa famille. Ainsi garant d’un minimum de revenus, il peut subvenir à ses besoins.
Mais Bénédicta refuse si piètre devenir pour son fils : Bianca Albacarra financera des études pour Salvador. En partance pour un aller sans retour vers son Avenir, Salvador emporte avec lui toutes les richesses de son histoire familiale.
J’ai vraiment aimé cette pièce, par son histoire d’abord, tellement attachante et par sa construction avec la parole de Salvador adulte, devenu écrivain, et celle de l’enfant qu’il était. Les valeurs défendues sont celles de la famille et de ses véritables richesses, sources de bien plus de joie que tout l’or du monde.
Le manguier produira, c’est certain, de beaux fruits et l’école de la vie, avec ses peines et ses espoirs feront grandir et mûrir Salvador. Un pamphlet sur ce qu’il y a de meilleur chez l’homme.
Dix personnages et beaucoup de portes ouvertes à la mise en scène qui est aussi intéressante pour faire jouer des enfants d’âges différents.
Hélène Hervé
