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Salon du Livre de Jeunesse à Agen

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Pont de pierres et la peau d’images (Le )

Résumé

Deux enfants, Mung et Momo, quittent leur famille pour fuir leur pays en guerre, à la recherche d’un monde en paix.
Parcours initiatique jonché d’épreuves, où les deux personnages, emportés par la tempête guerrière, portent l’espoir d’un monde « sans noirceur », « sans malheur » .

Commentaires

Ecriture poétique, semée d’images et de sons (un choeur fait écho au récit des deux enfants), propres à toucher l’âme des jeunes, à susciter leur réflexion sur la mort, la guerre, la violence faite aux enfants... Monique Pimouguet

Autre point de vue

Mung, une petite fille, raconte sa vie : une vie dans un pays en guerre. Ses parents la donnent à un transporteur. Sa grand-mère lui a confié une peau de cuir pour qu’elle y tisse en images sa vie future.
Momo, le petit garçon, fait un récit analogue : son frère a été tué par une balle, sous ses yeux. Sa mère lui a donné un sac où il met en chemin tous ses trésors. Son rêve est de construire des ponts.
Mung et Momo se rencontrent. En fait, ils sont des enfants volés qui travaillent au tissage de tapis avec d’autres enfants de tous pays. Comme dans une tragédie antique, les Tenants (groupe de garçons et de filles) forment un choeur qui confirme le récit des enfants, le complète et en explicite les métaphores, dont celle qui est la clé de voûte de la pièce : « des ponts de pierres pour traverser des mondes inconnus. Des peaux d’images pour se conter l’histoire des mondes. » J’ai beaucoup aimé ce texte, très poétique et d’une très grande puissance d’évocation.

Jacqueline Latteur
ODAC

Autre point de vue

Pendant que les adultes jouent à la guerre, les enfants regardent.
Pendant qu’éclatent les bombes, les enfants souffrent.
Certains, comme les héros de la pièce, croient avoir échappé à l’horreur. Ils sont dans des camions en route vers les pays de la paix. C’est ce qu’on leur a dit. C’est ce qu’ils ont cru. On leur a menti... Ils parlent. Momo et Mung croient être loin de la guerre qu’ils ont fuie. Le texte retrace un itinéraire vers une même langue, une meilleure compréhension de l’autre à travers les mots de l’enfance qui nous décrivent sans haine, la cruauté et l’injustice de la guerre.

Une oeuvre d’une grande humanité à lire avec coeur et en choeur en jouant sur la musicalité, la couleur et la diversité des voix.

Ana Maria Uteau
Théâtre du Terrain Vague

Autre point de vue

"Pour faire peur au malheur
pour éloigner la noirceur
touche à mon coeur
je touche le tien. Si tu es prisonnière du désastre
de la peur et de la violence
comme je l’ai été
cherche, cherche en toi :
des couchers de soleil
des neiges éternelles
des souvenirs beaux, beaux, beaux
pour protéger ton coeur
de toutes les noirceurs."

Un pays sans guerre... Est-ce que cela existe ?
La pièce de Daniel Doris raconte le voyage de l’espoir, « la route des mille chemins »...
chemin de souffrance et chemin d’espérance.
Pendant que les adultes font la guerre, des enfants sont volés pour travailler dans des conditions de violence. Deux enfants racontent : Mung, fille aux visions de nuit avec sa peau d’images, Momo, garçon bâtisseur qui veut construire un pont au dessus de l’eau. Ils marchent, traversent des lieux de guerre pour trouver le pays de paix, réaliser leurs rêves.

Contre la violence, la haine, la peur, la misère, les larmes, il y a l’amour, le rêve, la foi dans les petites choses de la vie : la couleur du ciel, l’eau qui coule, la douceur du vent :
"Lavons nos joues salées
avec de l’eau citronnée
au moins, l’heure triste
aura l’odeur d’un fruit."

Un très beau texte pour parler de la guerre, du travail des enfants, de la violence, du pardon et de l’espoir en un « langue commune » pour mieux se comprendre...
Une écriture vivante traitée comme un poème avec un choeur.

Anne-Marie Frias
Théâtre du Terrain Vague


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